This article has been translated from English to French.

Comme prévu, la Banque du Canada (BOC) a laissé ses taux d'intérêt à 2,75 % en juillet, pour la troisième fois de suite, alors que les décideurs politiques font face à l'incertitude commerciale persistante aux États-Unis et à des signaux économiques mitigés au niveau national.

Cette décision a été prise alors que le gouverneur Tiff Macklem a reconnu que les droits de douane causaient des dommages économiques permanents, affirmant que même si la croissance reprenait, « elle suivrait une trajectoire durablement plus basse ».

Points clés de la réunion de la BOC :

  • Taux inchangés: le taux d'escompte est maintenu à 2,75 %, le taux officiel d'escompte à 3 % et le taux de dépôt à 2,70 %.
  • L'incertitude commerciale persiste: les droits de douane américains « restent trop imprévisibles » pour permettre une prévision économique unique
  • Contraction économique: le PIB du deuxième trimestre devrait avoir reculé de 1,5 % après une croissance de 2,2 % au premier trimestre, tirée par l'anticipation des exportations
  • Pressions inflationnistes mitigées: l'IPC global s'établit à 1,9 %, mais l'inflation sous-jacente a grimpé à environ 2,5 %.
  • Orientation accommodante: la Banque du Canada dit clairement que des baisses de taux pourraient être nécessaires si l'économie continue de ralentir

Lien vers la déclaration officielle de la Banque du Canada sur la politique monétaire de juillet

Lors de sa conférence de presse, M. Macklem a révélé qu'il existait un « consensus clair » en faveur du maintien des taux, mais a reconnu que le Conseil d'administration avait des « opinions plus divergentes » quant à l'orientation future de la politique monétaire. Il a souligné que la Banque du Canada devait agir avec prudence compte tenu du « degré inhabituel d'incertitude », en se montrant moins prospective que d'habitude, tout en se tenant prête à réagir à de nouvelles informations.

Le grand patron de la BOC a insisté sur le fait que « nous soutiendrons la croissance économique tout en veillant à ce que l'inflation reste bien maîtrisée », avertissant que la banque ne laissera pas « un problème tarifaire devenir un problème d'inflation ».

Il a noté que certains facteurs à l'origine de la récente hausse de l'inflation sous-jacente devraient se résorber, citant l'appréciation du dollar canadien et la modération de la croissance des salaires.

Lien vers la conférence de presse de la Banque du Canada sur la politique monétaire de juillet

Pour le deuxième trimestre de suite, la Banque du Canada a laissé tomber ses prévisions habituelles et a présenté trois scénarios basés sur les résultats des négociations tarifaires.

  • Dans le scénario actuel (basé sur les droits de douane en vigueur au 27 juillet), le PIB augmente d'environ 1 % au deuxième semestre 2025 avant de remonter progressivement à 1,8 % d'ici 2027, laissant l'activité économique à un niveau durablement plus bas. L'inflation oscille autour de 2 %, les hausses de prix induites par les droits de douane étant compensées par l'excédent de l'offre et le raffermissement du dollar canadien.
  • Dans le scénario de désescalade, la croissance du PIB rebondit à environ 2 % à la fin de 2025 si les droits de douane sont supprimés, et l'inflation tombe sous la barre des 2 % jusqu'en 2026.
  • En revanche, le scénario d'escalade prévoit une récession de trois trimestres, avec un PIB en baisse de 1,25 % d'ici 2027 et une inflation qui dépassera 2,5 % en 2026 avant de redescendre.

Le rapport souligne que l'économie canadienne est « secouée par la politique commerciale américaine », l'écart de production s'élargissant de -1,5 % à -0,5 % au deuxième trimestre. Les perturbations des exportations ont concentré les pertes d'emplois dans les secteurs à forte intensité commerciale, même si l'emploi s'est maintenu dans les autres secteurs, maintenant le taux de chômage à 6,9 %.

Lien vers le rapport sur la politique monétaire de juillet de la Banque du Canada

Réactions des marchés

Dollar canadien par rapport aux principales devises : 5 minutes

Overlay of CAD vs. Major Currencies

Superposition du CAD par rapport aux principales devises Graphique de TradingView

Le dollar canadien, qui avait grimpé avec le dollar américain après la publication d'un rapport positif sur le PIB, a baissé après la décision de la Banque du Canada de maintenir ses taux. Les traders s'y attendaient, mais espéraient des indications plus fermes pour l'avenir.

Le huard a brièvement rebondi, puis a de nouveau reculé alors que les marchés digéraient le ton prudemment accommodant de la banque. La référence dans le communiqué à une possible baisse des taux et à un relâchement des pressions inflationnistes a retenu l'attention, tandis que certains traders ont probablement liquidé leurs positions avant la réunion du FOMC.

La conférence de presse du gouverneur Macklem n'a pas apporté beaucoup de clarté. Les marchés ont pesé l'ouverture à des baisses contre les risques de récession et la mention de divergences au sein du conseil. Le CAD a perdu du terrain face à l'euro et au franc, mais est resté stable ailleurs.

À la fin de la journée, le dollar canadien a joué le rôle de contre-monnaie pendant la réunion de la Fed et a terminé en hausse face à la plupart des principales devises, à l'exception du dollar américain.

La réaction modérée suggère que le maintien des taux était déjà pris en compte. Les chances d'une nouvelle pause en septembre sont proches de 81 %, les traders attendant des signaux plus clairs sur les perspectives tarifaires avant de prendre leur prochaine décision.