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En macroéconomie, le taux de chômage naturel, souvent symbolisé par u* (prononcé «u-star »), est un concept qui aide à comprendre la dynamique du marché du travail et la politique monétaire.

Le taux de chômage naturel (ce terme sophistiqué que les économistes adorent utiliser lors de dîners) correspond essentiellement au niveau idéal de chômage pour l'économie. C'est comme le porridge « juste comme il faut » dans le conte financier Boucle d'or : ni trop chaud, ni trop froid.

Imagine que u* correspond au niveau de chômage que ton économie maintient quand elle tourne à plein régime, sans pic artificiel ni creux dus aux cycles d'expansion et de récession. C'est ce à quoi tu t'attends quand l'économie n'est ni en pleine fête ni en train de se remettre d'une récession.

C'est quoi u* (le taux de chômage naturel) ?

Le taux de chômage naturel, désigné par u* (prononcé « u-star »), est le taux de chômage qui existerait dans une économie en équilibre, sans chômage cyclique dû à des ralentissements ou à des booms économiques.

Il représente la proportion de la population active qui est au chômage en raison de la dynamique naturelle du marché, même lorsque l'économie est en « plein emploi ».

Principales caractéristiques du taux de chômage naturel :

  1. Il est considéré comme le taux de chômage le plus bas possible à long terme.
  2. Il inclut le chômage structurel (dû à l'inadéquation des compétences) et le chômage frictionnel (dû aux transitions normales entre emplois).
  3. Il exclut le chômage cyclique causé par les fluctuations du cycle économique

Le taux naturel n'est pas nul, car même dans une économie saine, il y aura toujours des personnes sans emploi ou dont les compétences ne correspondent pas aux postes disponibles.

Quand le chômage est plus bas que le taux naturel, ça entraîne souvent une accélération de l'inflation, c'est pourquoi on l'appelle aussi « taux de chômage non accélérateur de l'inflation » (NAIRU).

Les économistes estiment généralement que le taux naturel de chômage actuel aux États-Unis se situe entre 3,5 % et 4,5 %, mais ce chiffre est sujet à débat et peut évoluer au fil du temps en raison de changements structurels dans l'économie, de la réglementation du marché du travail, des évolutions démographiques et des progrès technologiques.

Pourquoi y a-t-il un taux naturel de chômage ?

Le taux naturel de chômage existe à cause de plusieurs facteurs inhérents au marché du travail :

  • Chômage frictionnel: il se produit lorsque des individus sont temporairement sans emploi pendant une période de transition entre deux emplois, lors de leur entrée sur le marché du travail ou lors de leur retour après une période d'absence.
  • Chômage structurel: il apparaît quand il y a un décalage entre les compétences des travailleurs et celles demandées par les employeurs, souvent à cause des progrès technologiques ou des changements dans l'économie.

Ces facteurs garantissent qu'il y a toujours un niveau de chômage de base, même dans une économie solide.

Comment le taux naturel de chômage est-il déterminé ?

Le taux naturel de chômage est influencé par divers aspects structurels de l'économie :

  • Politiques du marché du travail: les politiques telles que les allocations de chômage et les lois sur le salaire minimum peuvent avoir un impact sur le taux naturel en influençant les incitations des travailleurs et les décisions d'embauche des employeurs.
  • La mobilité de la main-d'œuvre: la facilité avec laquelle les travailleurs peuvent déménager ou changer de profession influe sur la rapidité avec laquelle ils trouvent un nouvel emploi, ce qui a une incidence sur le taux naturel.
  • Les changements technologiques: les progrès peuvent rendre certaines compétences obsolètes tout en créant une demande pour de nouvelles compétences, ce qui affecte le chômage structurel.

Ces facteurs peuvent varier dans le temps et d'une économie à l'autre, ce qui entraîne des fluctuations du taux naturel de chômage.

Quel est le lien entre le taux naturel de chômage et l'inflation ?

Le taux naturel de chômage est étroitement lié à l'inflation par le biais du concept de taux de chômage non accélérateur de l'inflation (NAIRU).

Quand le chômage est en dessous de ce taux, ça peut faire grimper l'inflation, car les employeurs se disputent un nombre limité de travailleurs, ce qui fait monter les salaires et, par conséquent, les prix. À l'inverse, un chômage au-dessus du taux naturel peut faire baisser l'inflation.

Le taux naturel de chômage peut-il changer au fil du temps ?

Oui, le taux naturel de chômage n'est pas fixe et peut changer à cause de plusieurs facteurs :

  • Évolution démographique: les changements dans la composition par âge de la population active peuvent influencer le taux naturel, car les taux de chômage varient selon les groupes d'âge.
  • Éducation et formation: l'amélioration de l'éducation et de la formation professionnelle peut réduire le chômage structurel en alignant les compétences des travailleurs sur les demandes du marché.
  • Progrès technologiques: si la technologie peut remplacer certains emplois, elle peut aussi créer de nouvelles opportunités, ce qui a une incidence sur le taux naturel.

Ces facteurs dynamiques impliquent que les décideurs politiques doivent continuellement évaluer et s'adapter aux changements du taux naturel de chômage.

Comment les décideurs politiques utilisent-ils le concept de taux naturel de chômage ?

Les décideurs politiques utilisent le taux naturel de chômage comme référence pour orienter leurs décisions économiques :

  • Politique monétaire: les banques centrales surveillent le taux naturel pour fixer des taux d'intérêt qui équilibrent le chômage et l'inflation.
  • Politique budgétaire: les gouvernements élaborent des politiques fiscales et budgétaires visant à promouvoir l'emploi sans provoquer d'inflation excessive.

Comprendre le taux naturel aide à mettre en place des stratégies qui favorisent une croissance économique durable.

Quelles sont les critiques formulées à l'encontre du concept de taux naturel de chômage ?

Bien qu'il soit largement utilisé, le concept de taux naturel de chômage fait l'objet de plusieurs critiques :

  • Difficultés de mesure: il est difficile de déterminer avec précision le taux naturel en raison de sa variabilité dans le temps et entre les différentes économies.
  • Conséquences politiques: se baser sur le taux naturel peut conduire à des politiques qui tolèrent un chômage plus élevé que nécessaire, sous-estimant le potentiel des interventions du côté de la demande.

Ces critiques suggèrent qu'il faut appliquer ce concept avec nuance dans l'élaboration des politiques économiques.

En quoi le taux de chômage naturel diffère-t-il du taux de chômage réel ?

Le taux de chômage naturel représente le niveau de base du chômage dû à des facteurs structurels de l'économie. Le chômage réel peut toutefois s'écarter de ce taux naturel en raison de facteurs conjoncturels, tels que les récessions ou les périodes d'expansion économique.

Pendant une récession, le chômage réel dépasse le taux naturel en raison de la baisse de la demande de biens et de services, ce qui entraîne des pertes d'emplois.

À l'inverse, pendant une période d'expansion économique, le chômage réel peut tomber en dessous du taux naturel, ce qui peut entraîner des pressions inflationnistes, les employeurs se disputant une main-d'œuvre limitée.

Comment estime-t-on le taux naturel de chômage ?

Pour estimer le taux naturel de chômage, il faut analyser différents indicateurs économiques et utiliser des modèles statistiques :

  • Analyse de la courbe de Phillips: les économistes examinent la relation entre le chômage et l'inflation pour déduire le taux naturel.
  • Tendances du marché du travail: les tendances en matière d'offres d'emploi, de croissance des salaires et de participation au marché du travail fournissent des informations sur le taux naturel.

Ces méthodes, bien qu'informatives, ne sont pas précises, et les estimations du taux naturel peuvent changer au fil du temps en fonction des nouvelles données économiques.