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Quand la Banque centrale européenne s'est réunie en décembre, la présidente Christine Lagarde a dit un truc qui a surpris certains traders : la BCE est dans une « bonne position » et compte bien y rester. Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique, la Réserve fédérale a baissé ses taux d'intérêt pour la troisième fois de suite et a laissé entendre que d'autres baisses pourraient arriver en 2026.

Cette différence entre les deux banques centrales les plus puissantes du monde, c'est pas juste un truc de politique monétaire : ça va sûrement influencer les marchés des devises et pourrait créer des opportunités (et des risques) pour les traders forex. Quand la BCE a fini l'année 2025 en gardant son taux de dépôt à 2,0 % le 18 décembre 2025, c'était la quatrième réunion d'affilée sans changement de taux. De son côté, la Fed a baissé ses taux à 3,5 %-3,75 % quelques jours avant et n'a pas exclu d'autres baisses à venir.

Pour les nouveaux traders qui essaient de comprendre pourquoi l'EUR/USD oscille autour de 1,17-1,18 et peine à franchir la résistance à 1,1800, cette divergence entre les politiques des banques centrales est l'un des principaux facteurs susceptibles d'influencer l'évolution des prix.

Alors... Que se passe-t-il réellement ici ?

Expliquons ça en termes simples. Les banques centrales utilisent les taux d'intérêt comme principal outil pour gérer leurs économies. Considérez les taux comme le prix de l'argent. Lorsqu'une banque centrale augmente ses taux, elle rend généralement les emprunts plus coûteux, ce qui tend à ralentir les dépenses et peut contribuer à refroidir l'inflation. Lorsqu'elle réduit ses taux, les emprunts deviennent généralement moins coûteux, ce qui encourage souvent les dépenses et les investissements.

C'est là que ça devient intéressant : la BCE et la Fed ne sont pas obligées d'agir de concert. Elles examinent des économies différentes, des situations d'inflation différentes et des perspectives de croissance différentes. À l'heure actuelle, elles prennent des décisions opposées.

La position de la BCE : après avoir baissé ses taux plus tôt en 2025, la BCE les a maintenus stables depuis juin. Lors de sa réunion de décembre, la banque centrale a laissé ses trois taux directeurs inchangés et a confirmé que l'inflation dans la zone euro devrait s'établir en moyenne à 2,1 % en 2025, puis baisser à 1,9 % en 2026 et 1,8 % en 2027, soit un peu moins que l'objectif de 2 % de la BCE. L'inflation sous-jacente (qui exclut les prix volatils des denrées alimentaires et de l'énergie) s'est établie à 2,4 % en novembre 2025, restant également stable par rapport au mois précédent.

La position de la Fed : La Réserve fédérale a baissé ses taux trois fois en 2025, faisant passer son taux de référence de 4,0 %-4,25 % en septembre à 3,5 %-3,75 % en décembre. D'après le « dot plot » (graphique montrant où les responsables de la Fed pensent que les taux devraient aller) de décembre, la projection médiane suggère une seule baisse supplémentaire en 2026, ce qui ramènerait les taux à environ 3,25 %-3,5 % d'ici la fin de l'année. Mais voilà le hic : la Fed reste divisée, certains responsables souhaitant marquer une pause et d'autres étant favorables à des baisses plus agressives.

Résultat ? Un écart de taux d'intérêt qui se réduit et qui semble maintenir l'euro à un niveau élevé par rapport au dollar.

Pourquoi la BCE reste-t-elle sur ses positions ?

La décision de la BCE de maintenir ses taux semble reposer sur deux facteurs qui rendraient Goldilocks fière : une inflation qui n'est pas trop élevée et une croissance qui n'est pas trop faible.

L'inflation est proche de l'objectif. L'inflation dans la zone euro s'est établie à 2,1 % en novembre 2025, soit exactement l'objectif de 2 % fixé par la BCE. Alors que l'inflation des services reste élevée à 3,5 % (son plus haut niveau depuis avril 2025), les prix de l'énergie baissent et l'inflation alimentaire se modère. Les projections du personnel de la BCE montrent une inflation moyenne de 1,9 % en 2026, légèrement en dessous de l'objectif, ce qui donne probablement à la banque centrale la certitude que les pressions sur les prix sont sous contrôle.

Quand l'inflation est proche de l'objectif, les banques centrales ont généralement moins envie d'agir. La BCE a regardé les données et a dit : « Tout va bien ».

La croissance se maintient mieux que prévu. L'économie européenne a surpris à la hausse ces derniers mois. La BCE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour 2025, à 1,4 %, par rapport à ses projections antérieures, la demande intérieure (dépenses de consommation et investissements des entreprises) devant être le principal moteur à l'avenir. Cela s'explique en grande partie par l'augmentation des dépenses d'infrastructure et des budgets de défense dans toute l'Europe.

Voici ce qui est important pour les traders : quand une banque centrale voit que l'inflation est proche de l'objectif et que la croissance est stable (pas géniale, mais pas catastrophique non plus), elle choisit souvent de ne rien faire plutôt que de prendre le risque d'aller trop loin dans un sens ou dans l'autre.

La présidente Lagarde l'a souligné lors de sa conférence de presse de décembre, en indiquant que la BCE suivait une « approche fondée sur les données et réunion par réunion », sans « trajectoire prédéterminée ». En gros, ils préfèrent attendre de voir ce qui va se passer plutôt que de prendre des mesures préventives.

Il y a aussi un truc technique. Le taux de la facilité de dépôt de la BCE, à 2,0 %, est vu comme proche de la « neutralité », c'est-à-dire un niveau qui ne stimule ni ne freine l'économie. Certains économistes pensent que la BCE a peut-être déjà assez baissé ses taux et que de nouvelles réductions pourraient risquer de surchauffer certaines parties de l'économie ou de créer des déséquilibres financiers.

Qu'est-ce que ça veut dire pour les marchés des devises ?

C'est là que la théorie rejoint ton compte de trading.

On pense que les écarts de taux d'intérêt influencent une bonne partie des mouvements des devises, surtout à moyen terme. Quand un pays propose des taux d'intérêt plus élevés qu'un autre, il a tendance à attirer les flux de capitaux qui cherchent de meilleurs rendements. Cette demande accrue pour la devise à rendement plus élevé fait souvent monter sa valeur par rapport aux devises à taux plus bas.

À l'heure actuelle, même après trois baisses de taux, le taux de référence de la Fed, compris entre 3,5 % et 3,75 %, reste bien supérieur à celui de la BCE, qui est de 2,0 %. Mais la direction peut être tout aussi importante que le niveau absolu. La Fed réduit ses taux tandis que la BCE les maintient, ce qui signifie que l'écart entre les taux se réduit. Les marchés monétaires estiment actuellement à moins de 10 % la probabilité que la BCE baisse ses taux d'ici février 2026, tandis que les marchés à terme tablent sur environ deux nouvelles baisses de la Fed en 2026.

EUR/USD: quotidien

Cette dynamique semble avoir contribué à faire grimper l'EUR/USD d'environ 13 % au cours de l'année dernière, passant d'un creux proche de 1,0200 début 2025 à des niveaux actuels autour de 1,17-1,18. Cependant, la paire a eu du mal à franchir nettement la barre des 1,1800, qui est devenue un niveau de résistance psychologique clé.

Voici pourquoi : EUR/USD ne réagit pas seulement aux écarts de taux. La paire semble aussi prendre en compte les perspectives de croissance, l'incertitude politique (coucou, les menaces de droits de douane) et le sentiment général de risque. Même si le rétrécissement de l'écart de taux peut soutenir l'euro, les inquiétudes concernant les défis économiques structurels de l'Europe et le risque de tensions commerciales devraient continuer à créer des vents contraires.

Le tableau technique est éloquent : l'EUR/USD est bloqué dans une fourchette comprise entre environ 1,15 et 1,18 depuis mi-2025. Les tentatives de franchissement du seuil de 1,1800 ont échoué à plusieurs reprises, ce qui suggère que, même si la tendance peut favoriser la vigueur de l'euro, les acheteurs ne sont pas encore suffisamment confiants pour pousser le cours nettement plus haut.

Conclusion : points clés à retenir

Ce que les nouveaux traders doivent comprendre :

  • Les banques centrales n'agissent pas toutes de la même manière. La BCE et la Fed sont confrontées à des conditions économiques différentes et peuvent prendre des décisions politiques différentes. Cela crée des divergences qui peuvent avoir un impact direct sur les paires de devises telles que l'EUR/USD.
  • Une inflation proche de l'objectif donne à la BCE la possibilité de marquer une pause. Avec une inflation de 2,1 % dans la zone euro et des prévisions qui la maintiennent proche de l'objectif de 2 %, la BCE ne ressent probablement pas la pression de réduire davantage ses taux pour le moment. Cela contraste fortement avec la Fed, qui s'efforce toujours de ramener l'inflation à des niveaux moins élevés.
  • Les écarts de taux sont importants, mais la direction l'est encore plus. Même si les taux américains restent plus élevés que les taux européens, le rétrécissement de cet écart (la Fed baisse ses taux tandis que la BCE les maintient) semble avoir soutenu l'euro. Mais ce n'est pas une ligne droite : d'autres facteurs comme la croissance, la politique commerciale et le sentiment du marché jouent probablement aussi un rôle important.
  • Les divergences politiques peuvent créer des opportunités et des risques commerciaux. Lorsque les banques centrales divergent, les paires de devises peuvent suivre une tendance pendant de longues périodes. Mais ces tendances sont rarement régulières, et les fausses cassures sont fréquentes lorsque les marchés prennent de l'avance.
  • Le niveau de 1,1800 est la ligne à ne pas franchir pour EUR/USD. Les multiples tentatives infructueuses pour dépasser ce niveau suggèrent une forte résistance. Un mouvement soutenu au-dessus de 1,1800 pourrait signaler un regain de vigueur de l'euro, tandis qu'une chute en dessous de 1,1700 pourrait indiquer une correction plus profonde.

À surveiller

Si tu trades l'EUR/USD ou si tu essaies simplement de comprendre où il va à moyen et long terme, garde un œil sur ces événements à venir :

De la BCE :

  • Prochaine réunion de la BCE : 30 janvier 2026. Fais gaffe à tout changement dans le ton de Lagarde. Si elle abandonne le langage « favorable » ou exprime des inquiétudes concernant la croissance, les marchés pourraient anticiper de futures baisses. Si elle se montre confiante et réitère que la politique est appropriée, l'euro pourrait conserver ses gains récents.
  • Données sur l'inflation dans la zone euro : l'estimation rapide pour décembre 2025 est attendue le 7 janvier 2026. Vois si l'inflation reste proche de 2,1 % ou si elle réserve des surprises dans un sens ou dans l'autre.
  • Indicateurs de croissance économique : Fais gaffe aux commandes industrielles, à la production industrielle et aux enquêtes de confiance des entreprises en Allemagne. L'Allemagne est la plus grande économie de la zone euro, et tout ralentissement important pourrait pousser la BCE à revoir sa position.

Du côté de la Fed :

  • Prochaine réunion de la Fed : 28-29 janvier 2026. Les marchés donnent actuellement moins de 20 % de chances à une baisse des taux en janvier, mais le communiqué de la réunion et la conférence de presse du président Powell seront probablement super importants pour évaluer les intentions de la Fed pour le reste de l'année 2026.
  • Rapport sur l'emploi aux États-Unis : les chiffres de l'emploi pour décembre seront publiés le 10 janvier 2026. Une forte croissance de l'emploi ou une baisse du chômage pourrait donner à la Fed une raison supplémentaire de suspendre ses baisses de taux, ce qui pourrait soutenir le dollar. Des données faibles auraient probablement l'effet inverse.
  • Succession à la présidence de la Fed : le président Trump devrait annoncer en janvier le nom de la personne qu'il a choisie pour remplacer Jerome Powell (dont le mandat expire le 15 mai 2026). Si c'est quelqu'un de plus accommodant, ça pourrait accélérer les attentes de baisse des taux.

Dates importantes à noter dans votre agenda :

  • 7 janvier : estimation rapide de l'inflation dans la zone euro en décembre
  • 10 janvier : rapport sur l'emploi aux États-Unis en décembre
  • 28-29 janvier : réunion de la Fed
  • 30 janvier : réunion de la BCE

Pour EUR/USD, la question à se poser à chaque publication de données est simple : est-ce que ça rend la Fed plus ou moins susceptible de baisser ses taux, et est-ce que ça rend la BCE plus ou moins susceptible de maintenir ses taux inchangés ? Quand ces réponses vont dans des directions opposées, l'écart de taux peut se creuser (ou se réduire), et les devises évoluent souvent en conséquence.

La divergence des politiques des banques centrales n'est pas juste un concept abstrait, c'est probablement l'un des moteurs des grandes tendances monétaires actuelles. Comprendre pourquoi la BCE maintient ses taux alors que la Fed continue de les baisser te donne un cadre pour interpréter les données économiques et anticiper l'évolution future de l'EUR/USD.


Cet article est juste à des fins éducatives. Il ne donne pas de conseils financiers. Le trading comporte des risques importants, et les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs. Fais toujours tes propres recherches et pense à consulter un conseiller financier qualifié.

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